« Alors on change ? » La rubrique « Alors on change ? » vise à mettre un coup de projecteur sur celles et ceux qui décident de changer un peu, beaucoup, à la folie, afin d’inscrire leur vie dans une démarche plus respectueuse de l’humain et de la planète. 


Il y a 4 ans, la campagne « Février sans supermarché » émergeait timidement sur les réseaux sociaux. Comment remplacer tous ces articles que l’on met machinalement dans son caddie ? À quel prix ? Voilà maintenant 3 ans que notre famille s’est lancée dans l’aventure, sans pouvoir faire machine arrière. Si cela nous semblait relever de l’utopie, nous avons été agréablement surpris.

À Enghien, on est gâtés !

« Où vais-je bien pouvoir faire mes courses sans y passer tout mon temps libre ?! » vous demandez-vous. Entre le marché du mercredi matin et du samedi après-midi, les commerces de proximité, les fermes aux alentours, La Ruche de Marcq… À Enghien, consommer autrement ne peut être plus facile. Cela demande juste un peu plus d’organisation, même si dans les solutions citées juste avant, certaines permettent de parer à l’imprévu ou de récupérer ses courses en soirée. À l’heure où la charge mentale est un enjeu de société, je comprends que cela puisse effrayer. Personnellement, je vois ces moments non comme une corvée, mais comme un moment de convivialité. À force, on connaît bien les producteur·rice·s et les vendeur·euse·s, et c’est un plaisir de les retrouver pour discuter quelques minutes en faisant le plein de bons produits pour la semaine.

Fabriquer ses produits d’entretien

Du bicarbonate de soude, du vinaigre, de l’acide citrique, du savon… Voilà ce qui a remplacé les mille et un produits d’entretien nocifs et chers. Je ne suis pas la reine de l’organisation et souvent, je prépare les produits dont j’ai besoin juste avant de devoir m’en servir, cela n’est pas énergivore. Et en plus, c’est bien plus économique et écologique ! Pour les recettes, allez faire un tour sur la page Facebook des Ecolibris.

Un max de fait maison

Exit les biscuits industriels suremballés et trop sucrés. Dans mon quartier, on fait une tournante entre parents pour préparer les goûters de la semaine de nos enfants. Une chouette initiative qui permet un gain de temps considérable !

Et au niveau de la note finale ?

Côté budget, on s’y retrouve. Ça pourrait être moins cher si l’on s’organisait mieux. On a toujours cette impression que consommer autrement, c’est dépenser plus. Il faut déjà rappeler que la grande distribution nous a habitué·e·s à des prix (trop) bas, au détriment des producteur·rice·s. Au-delà de la pression sur les prix, au supermarché, on est tenté·e·s par tout un tas de promotions et d’articles en tête de gondole. Quand on achète local, on achète généralement ce dont on a besoin. Si l’on change radicalement notre mode de consommer (et c’est le plus dur, changer ses habitudes ne se fait pas du jour au lendemain), il n’y a pas de raison que la note soit plus élevée à la fin du mois. Bien entendu, cela demande parfois quelques sacrifices au début de la démarche (fini telle marque de biscuits ou de pâte à tartiner)…

Ne pas se mettre la pression

Si au cours du défi, nous n’avons pas mis un pied au supermarché, dans la durée, cela nous paraissait parfois compliqué. Emplois du temps chargés, manque de prévoyance… Aujourd’hui, nous voyons les supermarchés comme des magasins de dépannage, et non comme une source d’approvisionnement principal.

Quoi qu’il en soit, mieux vaut aller à son rythme et faire ses choix de consommateur et consommatrice en conscience. Mieux vaut que chacun fasse un petit effort pour valoriser le travail des producteur·rice·s et artisan·e·s locaux·ales (et des commerces de proximité qui les soutiennent). Ainsi, nous parviendrons un jour à un modèle de développement plus éthique, écologique et surtout, plus humain.

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