Dans nos campagnes, ce sont les fermiers qui gèrent l’immense majorité des surfaces naturelles. Avec l’explosion de la culture de la pomme de terre, notamment, leur action contribue trop souvent à la perte de biodiversité et aux inondations. ECOLO a rencontré deux agriculteurs enghiennois qui pratiquent l’agriculture de conservation. Avec cette nouvelle approche de l’agriculture, c’est tout le contraire. Un sérieux espoir dans la grisaille !

A la rencontre d'Etienne, Catherine et Raymond

A Labliau et à Petit-Enghien, deux exploitations agricoles ont adopté les techniques de l’agriculture de conservation. Avec le soutien de l’ASBL Greenotec (www.greenotec.be), elles abandonnent les pratiques de l’agriculture conventionnelle dépendantes de la chimie et cherchent de nouvelles techniques culturales respectueuses de l’environnement qui permettent de conserver la qualité des sols.

Raymond explique qu’il a diversifié ses productions : céréales, maïs, betteraves sucrières, luzerne, ray-grass, sur des terres non labourées. Pour cela, il a dû consentir un investissement important  pour l’achat d’un semoir semi-direct. Il y en a pour le moment une cinquantaine en activité en Wallonie et un seul  en Flandre. Raymond et son fils insistent sur l’importance de la couverture permanente des terres de culture. Les légumineuses captent l’azote atmosphérique et le stockent. D’autres espèces emmagasinent du carbone de l’air et permettent ainsi un apport naturel d’humus supplémentaire.

Les vers de terre sont abondants et jouent un rôle essentiel dans l’agriculture de conservation : ils transforment la matière organique en éléments nutritifs pour les plantes, aèrent le sol et facilitent l’infiltration de l’eau de pluie. Dans l’agriculture conventionnelle, les vers sont quasiment absents, détruits par les résidus chimiques et par le poids des machines agricoles.

Etienne précise que la fertilité naturelle des sols est perpétuée par l’apport régulier de fumier. Une ferme trouve son équilibre entre élevage et agriculture. L’abandon des prairies au profit de nouvelles cultures intensives est une catastrophe environnementale qui se traduit notamment par une augmentation importante des inondations et des coulées de boue. On comprend aussi que l’abandon de l’élevage rompt l’équilibre ancestral qui permettait de nourrir les terres avec les déjections animales.

Etienne insiste également sur la rotation des cultures et l’importance des couverts végétaux. Un sol nu pendant les mois d’hiver perd une bonne partie de ses terres de meilleure qualité. Il plaide aussi pour restituer à la surface du sol les résidus de récolte plutôt que les évacuer, afin d’augmenter la quantité d’humus et de préserver la biodiversité des terres.

Ecolo est très heureux de constater que des agriculteurs mènent de telles réflexions et décident de quitter enfin les pratiques agricoles conventionnelles qui épuisent les sols et détruisent la biodiversité. ECOLO partage totalement la conclusion d’Etienne : « On ne triche pas avec le vivant ! ».

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